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GyoButsu Ji (du 19 mai au 2 juillet 2003 - suite)

LE "TENZO KYÕKUN"

 

Mardi 20 mai : Suivre l’exemple des anciens

Pratiquer zazen comme la chose la plus importante de la vie, juste ici et maintenant, ce n’est pas pratiquer à moitié en restant distrait ou endormi mais en mettant toute son énergie et son attention dans la pratique d’instant en instant. Dans sa vie, mettre la pratique avant toutes choses, permet à l’esprit d’éveil, bodaïshin, de se réaliser. Placer la réalisation et la pratique de l’éveil en premier, motive toute l’existence mais cette motivation ne reste pas limitée à soi-même. Dans la pratique, on réalise que soi-même n’est pas séparé des autres alors, le vœu de réaliser la voie, ne peut qu’être partagé avec les autres.

La grosse cloche rythme le zazen

 

A propos de la fonction de tenzo, il est dit dans le recueil, Zen Nen Shingi : "Vous devez mettre en pratique cet esprit d’éveil en offrant une nourriture appropriée et variée à la communauté de sorte que la Sangha soit satisfaite et bien portante". Cette fonction de tenzo est donc importante. Elle a été remplie autrefois par de grands moines et même par des maîtres de la transmission. Dõgen dit "Cette fonction de tenzo est vraiment très différente qu’être cuisinier dans le monde social ou d’être cuisinier à la cour de l’empereur". Il raconte qu’en Chine, lorsqu’il avait du temps de libre, il se renseignait auprès des anciens tenzo qui avaient une grande expérience et ils lui racontèrent des exemples de ce qu’ils avaient vu au sujet de cette fonction. Leur enseignement peut guider notre pratique. C’est véritablement la moelle, l’essence du zen transmis de bouddhas en patriarches par ceux qui avaient véritablement l’esprit de la voie, l’esprit d’éveil. Dõgen recommande d’étudier le Zen Nen Shingi et ensuite d’écouter les discussions au sujet des détails du travail des anciens tenzos et la façon dont ils remplissaient leurs fonctions.

Toujours dans notre pratique, il y a l’enseignement lui-même, avec des textes de base comme le Fukanzazengi, le Zazen Yojinki mais finalement, c’est la manière dont la voie a été pratiquée réellement qui peut guider les pratiquants actuels et pour cela le mieux est d’étudier l’exemple des anciens.

 

Mercredi 21 mai 2003 – matin : Respecter le moindre grain de riz

Dans le Tenzo Kyõkun, Dõgen enseigne comment remplir concrètement la tâche de tenzo. Il dit d’abord : "Après le déjeuner, le midi, consultez le responsable du temple et son assistant afin d’obtenir les provisions pour les repas du lendemain (ceci inclut le riz, les légumes et les autres ingrédients) et après les avoir reçus, protégez les comme si c’étaient vos propres yeux". Il cite un ancien maître qui disait : "Gardez les biens du temple comme s’ils étaient les prunelles de vos propres yeu". Ceci s’applique aussi bien à la nourriture crue, matière première qu’aux aliments cuisinés. C’est devenu un des principes essentiels de la vie dans un monastère.

On peut tout à fait pratiquer ce principe dans notre vie quotidienne même si nous ne recevons pas notre nourriture par des offrandes d’aumônes. Ce que nous achetons, est l’aboutissement du travail de nombreuses personnes. C’est un cadeau de l’ordre cosmique qui permet d’entretenir la vie et qui ne doit jamais être gaspillé, pas même un grain de riz. Ainsi dans la cuisine d’un temple, il y a toujours un tamis au fond des éviers où l’on récupère pratiquement tout. A l’époque actuelle, on consomme beaucoup mais on jette énormément et cette attitude, de ne rien laisser perdre et de ne rien gaspiller, devrait être réintroduite. Cela s’applique à la nourriture mais aussi à toutes choses, en particulier l’énergie, l’eau, ne pas laisser les robinets couler, ne pas prendre plus d’eau que nécessaire pour une douche, éteindre la lumière ou le chauffage dés que c’est possible. Ce que nous n’utilisons pas, ce que nous ne gaspillons pas, est ainsi réservé et pourra être utilisé par d’autres. Agir de cette manière est une pratique constante d’attention non seulement à ce que l’on fait soi-même mais à ce qui se passe dans notre environnement. Cela veut dire ne pas être négligent et se sentir concerné même si on n’est pas chez soi, considérer tous les lieux comme le monastère, comme lieu de la pratique de la voie, lieu où l’on actualise pleinement notre unité avec tous les êtres.

 

 
 

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