"Etre
intime avec sa douleur, concrètement, ça veut
dire quoi ?"
"Çà
veut dire ne pas se battre contre, l'accepter, de façon
à dé-dramatiser la douleur. Si par exemple
en zazen vous avez mal aux genoux, vous luttez
contre cette douleur, vous vous y opposez, vous vous raidissez
intérieurement. Alors cette douleur prend une importance
encore plus grande. Vous ajoutez à la douleur par
la tension. Si vous ressentez simplement la douleur et que
vous continuez à vous concentrer sur la posture,
sur la respiration, en acceptant cette douleur comme faisant
partie de zazen, pas comme un obstacle, alors vous
ne luttez pas contre, vous êtes avec. Et finalement,
elle diminue. A ce moment là, vous pouvez traverser
beucoup mieux les difficultés. La meilleure aide
concrète, c'est avec la respiration. Traversez tout
ce que vous vivez en zazen en étant dans
votre respiration. Cela vous aidera."
"On
ne peut pas considérer la douleur comme un indicateur
de quelque chose qui ne va pas ?"
"Oui,
il y a toutes sortes de douleurs. Certaines douleurs peuvent
être le symptome de quelque chose qui ne va pas. Si
vous avez trop souvent des douleurs lombaires en zazen,
c'est sûrement que vous avez un problème avec
le zafu. Zafu trop plat ou trop haut,
alors ça vous provoque une cambrure anormale, ou
insuffisante. Il faut observer ses douleurs et voir la racine,
d'où ça vient. Il y a des douleurs classiques
comme le mal aux genoux. Parfois, quand c'est un organe,
il faut se demander de quoi c'est un symptome. Voir un thérapeute
de la sangha. Il y a beaucoup de masseurs, de kinésithérapeutes,
d'acupuncteurs. Et zazen vous permet de faire votre
diagnostic. Sensei disait souvent : "Grâce
à zazen, on peut comprendre son corps beaucoup mieux".
On peut voir les déséquilibres, les signes
qui indiquent une future maladie avant que ça ne
se déclenche. Et puis corriger. Dans la posture,
parfois les douleurs viennent de contractions, de tensions
excessives. La première chose à faire, c'est
de se détendre et de retrouver un tonus plus équilibré."