"Parce qu'on n'est pas tout le temps en zazen.
Les préceptes ne sont pas séparés de
zazen, ils en sont l'expression dans la vie quotidienne.
Et même si on fait zazen, on ne peut pas
couper tout son karma.
Bien sûr, en zazen, notre corps, notre esprit,
les trois karma, la bouche aussi, peuvent être
abandonnés, mais dans la vie quotidienne nos conditionnements
passés surgissent, reviennent et peuvent nous entraîner
à commettre des erreurs.
C'est la raison pour laquelle Bouddha
a transmis les préceptes. Mais ces préceptes,
il les a trouvés seulement dans son expérience
de zazen. Ils n'ont pas été révélés
de manière transcendante, mais ce n'est pas appuyé
non plus sur la loi sociale. Les préceptes sont normalement
l'expression de zazen et, comme je le disais tout
à l'heure aux nouveaux ordonnés, la transmission
des préceptes est au centre de l'ordination de bodhisattva
qu'on appelle jukai en japonais, c'est-à-dire
recevoir les dix préceptes. Au centre de l'ordination
de moine, Tokudo, de nouveau on reçoit les
dix préceptes. En fait, ils sont seize, et quand
on reçoit le Shiho, on peut dire qu'une
partie essentielle de la transmission du Dharma,
consiste en la transmission des préceptes. Et à
ce moment-là on demande au maître : "S'il
vous plaît, transmettez-nous les règles de
vie d'un Bouddha". Il y a un enseignement sur
ces règles de vie qui s'appuie sur l'enseignement
de Keizan.
Je crois que c'est important de ne pas considérer
les préceptes comme une petite dimension mais comprendre
à travers zazen et les vivre concrètement
dans la vie quotidienne. A ce moment-là, les préceptes
peuvent devenir un miroir pour nous-mêmes, même
si on ne peut pas les suivre concrètement. Si on
ne les suit pas, à la fois on va déranger
la pratique de la Voie et on va créer de la souffrance
autour de nous. On ne suit pas les préceptes pour
se préserver pour devenir des saints ou pour éviter
pour nous-mêmes un mauvais karma, comme pour
se mettre dans un carcan. Ce n'est pas ça comprendre
vraiment les préceptes. Vraiment les suivre, c'est
la compassion. Quand on ne les suit pas, on fait souffrir.
Alors, à la fin, c'est un voeu naturel. Ce n'est
pas s'engager dans un système d'interdits. C'est
complètement au positif, les préceptes."