Premier jour - zazen de 11 heures
"L’esprit
qui observe la vacuité est comme un diamant. Il n’a
pas de couleur propre. Il prend la couleur de son environnement.
Il concentre la lumière mais surtout, il a la capacité
de trancher toute chose. D’où le titre du Sutra
du diamant qualifié d’enseignement de Bouddha
qui a le pouvoir de trancher toutes les illusions, toutes les causes
de souffrance que nous fabriquons nous même par nos attachements,
notre vision limitée.
Cet
enseignement a la forme d’un mondo, d’un dialogue
avec un disciple du Bouddha qui se nomme Subhûti.
Tous les disciples du Bouddha sont autour de lui et Subhûti
se lève, couvre son épaule gauche avec le kesa,
s’incline devant le Bouddha et lui pose sa question
: "C’est absolument merveilleux, combien de bodhisattva,
combien de grands êtres ont été aidés
par le Bouddha, par l’aide la plus élevée. Dites-nous
s’il vous plait comment un disciple qui s’est engagé
dans la voie du bodhisattva, devrait-il pratiquer ? Comment devrait-il
progresser ? Comment devrait-il contrôler ses pensées
?"
Ici,
dans ce dojo, beaucoup d’entre nous avons reçu
l’ordination de bodhisattva. Nous sommes montés
dans ce véhicule de bodhisattva. Bodhisattva
littéralement veut dire, un être d’éveil.
Le bodhisattva est celui qui fait le vœu de consacrer
toute sa vie, toute son énergie à la réalisation
de l’éveil pour aider les êtres qui souffrent.
Pas pour s’évader du monde mais pour y être utile
au bien être de tous les êtres. C’est pour cela
aussi qu’ils sont appelés de grands êtres : Mahasatva.
Maha veut dire grand, saint, illimité.
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La pratique du bodhisattva n’est pas limitée
à lui-même ; il ne recherche pas le salut pour lui-même.
Il aide à résoudre les souffrances qu’il rencontre
pour pouvoir mieux aider les autres à faire de même.
La motivation d’un bodhisattva, le sens de sa vie,
est la grande compassion qui inclut les autres et soi-même,
en ne créant pas de séparation, d’opposition
entre soi et les autres. Comprendre qu’il ne peut pas y
avoir d’opposition fait partie de l’éveil de
bodhisattva qui existe déjà dans la décision
de s’engager sur cette voie.
Le véhicule des bodhisattvas est un des trois
véhicules du bouddhisme. Les trois véhicules permettent
à chacun de réaliser la libération.
Le véhicule des auditeurs où les pratiquants ont
pour but de devenir des Arrhats, des êtres libérés
du cycle des renaissances en pratiquant les quatre nobles vérités,
spécialement l’octuple sentier dans le but de se
perfectionner soi-même et accumuler toutes sortes de mérites.
Le deuxième véhicule est le Pratyekabuddha,
celui des pratiquants solitaires qui ne nous transmettent pas
leur éveil.
Enfin celui des bodhisattvas est le véhicule
où l’on ne se préoccupe pas d’accumuler
des mérites. Les mérites de la pratique sont immédiatement
adressés aux autres. On ne se préoccupe pas non
plus d’atteindre rapidement le nirvana, c'est-à-dire
de sortir du cycle des renaissances, non pas parce que l’on
reste attaché au monde mais parce que l’on se sent
solidaire de tous les êtres.
Alors
le Bouddha accueille la question de Subhûti
et lui dit : "Ecoute bien, je vais te répondre...""
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