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Sesshin de Pegomas, novembre 2000 (suite)

 
 
 

Premier jour - zazen de 11 heures

"L’esprit qui observe la vacuité est comme un diamant. Il n’a pas de couleur propre. Il prend la couleur de son environnement. Il concentre la lumière mais surtout, il a la capacité de trancher toute chose. D’où le titre du Sutra du diamant qualifié d’enseignement de Bouddha qui a le pouvoir de trancher toutes les illusions, toutes les causes de souffrance que nous fabriquons nous même par nos attachements, notre vision limitée.

Cet enseignement a la forme d’un mondo, d’un dialogue avec un disciple du Bouddha qui se nomme Subhûti. Tous les disciples du Bouddha sont autour de lui et Subhûti se lève, couvre son épaule gauche avec le kesa, s’incline devant le Bouddha et lui pose sa question : "C’est absolument merveilleux, combien de bodhisattva, combien de grands êtres ont été aidés par le Bouddha, par l’aide la plus élevée. Dites-nous s’il vous plait comment un disciple qui s’est engagé dans la voie du bodhisattva, devrait-il pratiquer ? Comment devrait-il progresser ? Comment devrait-il contrôler ses pensées ?"

Ici, dans ce dojo, beaucoup d’entre nous avons reçu l’ordination de bodhisattva. Nous sommes montés dans ce véhicule de bodhisattva. Bodhisattva littéralement veut dire, un être d’éveil. Le bodhisattva est celui qui fait le vœu de consacrer toute sa vie, toute son énergie à la réalisation de l’éveil pour aider les êtres qui souffrent. Pas pour s’évader du monde mais pour y être utile au bien être de tous les êtres. C’est pour cela aussi qu’ils sont appelés de grands êtres : Mahasatva. Maha veut dire grand, saint, illimité.

La pratique du bodhisattva n’est pas limitée à lui-même ; il ne recherche pas le salut pour lui-même. Il aide à résoudre les souffrances qu’il rencontre pour pouvoir mieux aider les autres à faire de même. La motivation d’un bodhisattva, le sens de sa vie, est la grande compassion qui inclut les autres et soi-même, en ne créant pas de séparation, d’opposition entre soi et les autres. Comprendre qu’il ne peut pas y avoir d’opposition fait partie de l’éveil de bodhisattva qui existe déjà dans la décision de s’engager sur cette voie.

Le véhicule des bodhisattvas est un des trois véhicules du bouddhisme. Les trois véhicules permettent à chacun de réaliser la libération.

Le véhicule des auditeurs où les pratiquants ont pour but de devenir des Arrhats, des êtres libérés du cycle des renaissances en pratiquant les quatre nobles vérités, spécialement l’octuple sentier dans le but de se perfectionner soi-même et accumuler toutes sortes de mérites.

Le deuxième véhicule est le Pratyekabuddha, celui des pratiquants solitaires qui ne nous transmettent pas leur éveil.

Enfin celui des bodhisattvas est le véhicule où l’on ne se préoccupe pas d’accumuler des mérites. Les mérites de la pratique sont immédiatement adressés aux autres. On ne se préoccupe pas non plus d’atteindre rapidement le nirvana, c'est-à-dire de sortir du cycle des renaissances, non pas parce que l’on reste attaché au monde mais parce que l’on se sent solidaire de tous les êtres.

Alors le Bouddha accueille la question de Subhûti et lui dit : "Ecoute bien, je vais te répondre...""

 

 
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