Shakyamuni Bouddha, Kodo Sawaki

9 mai, 2008

Shakyamuni Bouddha

On donne le titre de Bouddha, celui qui s’est éveillé à la vérité, à un sage de l’Inde antique qui enseigna une méthode destinée à découvrir la réalité cachée derrière les apparences et à se libérer définitivement des illusions, des passions et de la douleur inhérente à toute forme d’existence.

Le futur Bouddha naquit vers le milieu du VIe siecle avant l’ère chrétienne dans la petite tribu des Sakya, dont la principale ville était Kapilavastu, où il passa toute sa jeunesse dans un palais, protégé des malheurs du monde. Après avoir atteint l’âge adulte, il prit conscience de l’existence insupportable de la maladie, de la vieillesse et de la mort. Il résolut alors de résoudre ce problème existentiel et quitta son foyer pour devenir un ascète errant. Pendant plusieurs années, il chercha la solution au problème de la douleur et de la mort, qui hantait son esprit, solution qu’il découvrit soudain, assis en zazen sous l’arbre de la bodhi, devenant ainsi un « éveillé » (bouddha).

Quelques temps plus tard, dans un bois de la banlieue nord de Bénarès, il prononça son premier sermon devant cinq ascètes dont il fit ses disciples, fondant ainsi sa Sangha (communauté monastique). Cette première prédication, essence de tout son enseignement, est connu sous le nom de proclamation des « quatre nobles vérités ». Il passa le reste de son existence à parcourir le bassin moyen du Gange en prêchant le Dharma, opérant de nombreuses conversions et organisant sa communauté de moines. Il mourut fort âgé, vers 480 avant J.C. Il entra alors dans l’insondable et définitive paix de l’ »extinction complète » (pari nirvana).

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Maitre Kodo Sawaki

Le moine sans demeure (1880-1965)

Kodo Sawaki, surnommé « Kodo le sans-demeure », voulut donner au zen un souffle nouveau en le sortant des temples figés dans le formalisme. Il critiquait sévèrement le professionnalisme des moines qui poursuivaient seulement une carrière religieuse, souvent de père en fils, où la certification est perçue comme un diplôme, perdant ainsi le sens véritable du zen.

Kodo Sawaki était suivi par de nombreux disciples autant laïcs que moines. Il était respecté et admiré dans tout le Japon pour sa vie simple et libre. Il enseignait lors des sesshin la pratique pure de shikantaza.

Quand Kodo eut cinq ans, sa mère mourut et, à l’âge de huit ans, il perdit son père. Il fut adopté par un ami de son oncle, un homme paresseux qui ne croyait qu’au tabac et au sexe. A l’âge de treize ans, Kodo dut travailler pour se nourrir et, dans un quartier louche, il devint guetteur à la solde de joueurs. Ayant assisté à la mort d’un vieil homme dans une maison close, il prit brutalement conscience de l’impermanence de la vie et du non-sens d’une telle mort.

Sans famille ni amis, sans argent, âgé de seize ans, il se rendit à pied au temple de Eihei-ji. Les moines, prenant Kodo pour un vagabond, refusèrent de le recevoir. Sans se décourager, il insista jusqu’à ce qu’on l’admît dans le temple. Chargé de piler le riz à la cuisine, comme le sixième patriarche Eno, Kodo demeura quelques années à Eihei-ji. Ce fut durant ses voyages ultérieurs qu’il rencontra Maître Koho, par qui il fut certifié.
Lorsque éclata la guerre sino-japonaise, il fut envoyé au front. Un jour, après avoir reçu une balle dans la bouche, il fut laissé pour mort et jeté dans un charnier. Sérieusement blessé et incapable de bouger, il resta plusieurs jours sous les corps en décomposition. Découvert, Kodo fut renvoyé au Japon comme blessé de guerre.

Ayant réalisé que la pratique de zazen avait pratiquement disparu du zen au Japon, déçu, il se retira dans un ermitage abandonné. Dormant peu, il passait ses jours et ses nuits à pratiquer zazen et à étudier le Shobogenzo de Maître Dogen.

Après quelques années de cette vie, suivi par quelques fervents disciples, parmi lesquels Taisen Deshimaru, il répandit son enseignement aux quatre coins du Japon, des grandes villes aux bourgades de pêcheurs, des universités aux prisons.

En 1965, sur son lit de mort, il remit à Taisen Deshimaru ses kesa et ses bols, et lui demanda de continuer son enseignement.

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