FUKAN
ZAZENGI
Enseignement
du zazen
Tazunuru
ni sore, dô moto enzû, ikade ka shushô
o karan, shûjô jizai nanzo kufû o tsuiyasan.
Iwan ya, zentai haruka ni jinnai o izu, tare ka hosshiki
no shudan o shin zen. Ôyoso, tôjo o hanarezu,
ani shugyô no kyakutô o mochiuru mono naran
ya. Shikare domo, gôri mo sa areba, tenchi haruka
ni hedatari, ijun wazuka ni okoreba, funnen toshite shin
o shissu. Tatoi, e ni hokori, go ni yutaka ni shite, betchi
no chitsû o e, dô o e, shin o akiramete shôten
no shiiki o koshi, nittô no henryô ni shôyô
su to iedomo, hotondo shusshin no katsuro o kikessu.
Iwan ya, kano gion no shôchi taru, tanza roku nen
no shôseki mitsu beshi, shôrin no shin in o
tsutauru, menpeki kusai no shômyô nao kikoyu.
Koshô sude ni shikari, konjin nanzo ben zezaru.
Yue ni subekaraku koto o tazune go o ô no gegyô
o kyû subeshi. Subekaraku ekô henshô no
taiho o gaku subeshi. Shinjin jinen ni datsuraku shite,
honrai no menmoku genzen sen. Inmo no ji o en to hosseba,
kyû ni inmo no ji o tsutomeyo.
Sore sanzen wa jôshitsu yoroshiku, on jiki setsu ari.
Shoen o hôsha shi, banji o kyûsoku shite, zennaku
o omowazu, zehi o kan suru koto nakare. Shin i shiki no
unten o yame, nen sô kan no shikiryô o yamete,
sabutto hakaru koto nakare, ani za ka ni kakawaran ya.
Yono tsune, zasho ni wa atsuku zamotto shiki, ue ni futon
o mochiu. Arui wa kekka fuza, arui wa hanka fuza. Iwaku,
kekka fuza wa, mazu migi no ashi o motte hidari no momo
no ue ni anji, hidari no ashi o migi no momo no ue ni anzu.
Hanka fuza wa, tada hidari no ashi o motte migi no momo
o osu nari. Yuruku etai o kakete, seisei narashimu beshi.
Tsugi ni migi no te o hidari no ashi no ue ni anji, hidari
no tanagokoro o migi no tanagokoro no ue ni anji, ryô
no daiboshi, mukaite ai sasou. Sunawachi shôshin tanza
shite, hidari ni sobadachi migi ni katamuki, mae ni kugumari
shirie ni aogu koto o ezare. Mimi to kata to taishi, hana
to hozo to tai seshimen koto o yôsu. Shita ue no agito
ni kakete, shin shi ai tsuke, me wa subekaraku tsune ni
hiraku beshi. Bisoku kasuka ni tsûji, shinsô
sude ni totonoete, kanki issoku shi, sayû yôshin
shite, gotsu gotsu toshite zajô shite, kono fushiryô
tei o shiryô seyo. Fushiryô tei ikan ga shiryô
sen. Hi shiryô. Kore sunawachi zazen no yôjutsu
nari.
Iwayuru zazen wa shûzen ni wa arazu. Tada kore anraku
no hômon nari, bodai o gûjin suru no shushô
nari. Kôan genjô, rarô imada itarazu.
Moshi kono i o eba, ryû no mizu o uru ga gotoku, tora
no yama ni yoru ni nitari. Masa ni shiru beshi, shôbô
onozukara genzen shi, konsan mazu bokuraku suru koto o.
Moshi za yori tataba, jojo toshite mi o ugokashi, anshô
toshite tatsu beshi, sotsubô naru bekarazu. Katte
miru, chôbon osshô, zadatsu ryûbô
mo, kono chikara ni ichinin suru koto o.
Iwan ya mata, shikan shintsui o nenzuru no tenki, hokken
bô katsu o kosuru no shôkai mo, imada kore shiryô
funbetsu no yoku gesuru tokoro ni arazu, ani jinzû
shushô no yoku shiru tokoro to sen ya. Shôshiki
no hoka no iigi taru beshi, nan zo chiken no saki no kisoku
ni arazaru mono naran ya.
Shikareba sunawachi, jôchi kagu o ronzezu, rijin donsha
o erabu koto nakare. Sen itsu ni kufû seba, masa ni
kore bendô nari. Shushô onozukara zenna sezu,
shukô sara ni kore byôjô naru mono nari.
Oyoso sore, jikai tahô, saiten tôchi, hitoshiku
butchin o ji shi, moppara shûfû o hoshii mama
ni su. Tada taza o tsutomete, gotchi ni saeraru. Manbetsu
sensha to iu to iedomo, shikan ni sanzen bendô subeshi.
Nan zo jike no zajô o bôkyaku shite, midari
ni takoku no jinkyô ni kyorai sen. Moshi ippo o ayamareba,
tômen ni shaka su.
Sude ni ninshin no kiyô o etari, munashiku kôin
o wataru koto nakare. Butsudô no yôki o honin
su, tare ka midari ni sekka o tanoshiman. Shika nomi narazu,
gyôshitsu wa sôro no gotoku, unmei wa denkô
ni nitari. Shukkotsu toshite sunawachi kûji, shuyu
ni sunawachi shissu.
Koi negawaku wa, sore sangaku no kôru, hisashiku mozô
ni naratte, shinryû o ayashimu koto nakare. Jikishi
tanteki no dô ni shôjin shi, zetsu gaku mu i
no hito o sonki shi, butsu butsu no bodai ni gattô
shi, soso no zanmai o tekishi seyo. Hisashiku inmo naru
koto o nasaba, subekaraku kore inmo naru beshi, hôzô
onozukara hirakete juyô nyoi naran.

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FUKANZAZENGI
Enseignement
du zazen
La
Voie est fondamentalement parfaite. Elle pénètre
tout. Comment pourrait-elle dépendre de la pratique
et de la réalisation ? Le véhicule du Dharma
est libre et dégagé de toute entrave. En quoi
l’effort concentré de l’homme est-il
nécessaire ? En vérité, le Grand Corps
est bien au-delà de la poussière du monde.
Qui pourrait croire qu’il existe un moyen de l’épousseter
? Il n’est jamais distinct de quiconque, toujours
exactement là où l’on est. À
quoi bon aller ici ou là pour pratiquer ? Cependant,
s’il y a un fossé, si étroit soit-il,
la Voie reste aussi éloignée que le ciel l’est
de la terre. Si l’on manifeste la moindre préférence
ou la moindre antipathie, l’esprit se perd dans la
confusion.
Imaginez une personne qui se flatte de comprendre et qui
se fait des illusions sur son propre éveil, entrevoyant
la sagesse qui pénètre toutes choses, joint
la Voie et clarifie l’âme, et fait naître
le désir d’escalader le ciel lui-même.
Celle-là a entrepris l’exploration initiale
et limitée des zones frontalières mais son
action est encore insuffisante sur la Voie vitale de l’émancipation
absolue. Ai-je besoin de parler du Bouddha, qui était
en possession de la connaissance innée ? On ressent
encore l’influence des six années qu’il
vécut, assis en lotus dans une immobilité
totale. Et Bodhidharma, dont la transmission du sceau jusqu’à
nos jours a conservé le souvenir de ses neuf années
de méditation devant un mur ? Puisqu’il en
était ainsi avec les saints d’autrefois, comment
les hommes d’aujourd’hui peuvent-ils se dispenser
de négocier la Voie ? Vous devez en conséquence
aban-donner une pratique fondée sur la compréhension
intellectuelle courant après les mots et vous en
tenant à la lettre. Vous devez apprendre le demi-tour
qui dirige votre lumière vers l’intérieur
pour illuminer votre vraie nature. Le corps et l’esprit
d’eux-mêmes s’effaceront, et votre visage
originel apparaîtra. Si vous voulez atteindre l’éveil,
vous devez pratiquer l’éveil sans tarder.
Pour zazen une pièce silencieuse convient. Mangez
et buvez sobrement. Rejetez tout engagement et abandonnez
toute affaire. Ne pensez pas “ceci est bien, cela
est mal”. Ne prenez parti ni pour ni contre.
Arrêtez tous les mouvements de l’esprit conscient.
Ne jugez pas des pensées et des perspectives. N’ayez
aucun désir de devenir un Bouddha. Zazen n’est
pas limité à la position assise ou la position
allongée.
À l’endroit où vous avez l’habitude
de vous asseoir, étendez une natte épaisse
et placez un coussin dessus. Asseyez-vous en lotus ou bien
en demi-lotus. Dans la pose du lotus, vous placez d’abord
votre pied droit sur votre cuisse gauche, et votre pied
gauche sur votre cuisse droite. Dans la pose du demi-lotus,
vous vous contentez de placer votre pied gauche sur votre
cuisse droite. Veillez à desserrer vos vêtements
et votre ceinture, arrangez-les convenablement. Placez alors
votre main droite sur votre jambe gauche et votre main gauche
(tournée vers le haut) sur votre main droite. Les
extrémités des pouces se touchent. Asseyez-vous
bien droit, dans l’attitude corporelle correcte, ni
penché à gauche ni penché à
droite, ni en avant ni en arrière. Assurez-vous que
vos oreilles sont dans le même plan que vos épaules
et que votre nez se trouve sur la même ligne verticale
que votre nombril. Placez la langue en avant contre le palais
; la bouche est fermée, les dents se touchent. Les
yeux doivent rester toujours ouverts et vous devez respirer
doucement par le nez. Quand vous avez pris la posture correcte,
respirez profondément une fois, inspirez et expirez.
Inclinez votre corps à droite et à gauche
et immobilisez-vous dans une position assise stable.
Pensez
du tréfonds de la non-pensée. Comment pense-t-on
du tréfonds de la non-pensée ? C’est
l’au-delà de la pensée (hishiryo). Ceci
en soi est l’art essentiel du zazen. Le zazen dont
je parle n’est pas l’apprentissage de la méditation,
il n’est rien d’autre que le Dharma de paix
et de bonheur, la pratique-réalisation d’un
éveil parfait. Zazen est la manifestation de l’ultime
réalité. Les pièges et les filets ne
peuvent jamais l’atteindre. Une fois que vous avez
saisi son cœur, vous êtes semblable au dragon
quand il arrive à l’eau et semblable au tigre
quand il pénètre dans la montagne. Car il
faut savoir qu’à ce moment précis (quand
on pratique zazen) le vrai Dharma se manifeste et que dès
le début on écarte le relâchement physique
et mental et la distraction. Quand vous vous relevez, remuez
doucement et sans hâte, calmement et délibérément.
Ne vous relevez pas subitement ou brusquement. Quand on
jette un regard sur le passé, on s’aperçoit
que la transcendance à la fois de l’illumination
et de la non-illumination, que mourir assis ou debout, a
toujours dépendu de la vigueur du zazen. En outre,
l’ouverture à l’illumination dans l’occasion
fournie par un doigt, une bannière, une aiguille,
un maillet, l’accomplissement de la réalisation
grâce à un chasse-mouches, un poing, un bâton,
un cri, tout cela ne peut être saisi entièrement
par la pensée dualiste de l’homme. En vérité,
cela ne peut pas davantage être mieux connu par l’exercice
de pouvoirs surnaturels. Cela est au-delà de ce que
l’homme entend et voit, n’est-ce pas un principe
antérieur aux connaissances et aux perceptions ?
Cela dit, il importe peu qu’on soit intelligent ou
non. Il n’y a pas de différence entre le sot
et l’avisé. Quand on concentre son effort d’un
seul esprit, cela en soi, c’est négocier la
Voie. La pratique-réalisation est pure par nature.
Avancer est une affaire de quotidienneté. Dans l’ensemble,
ce monde et les autres, à la fois en Inde et en Chine,
respectent le sceau du Bouddha. Bien que chaque école
ait son style d’enseignement, elles se consacrent
toutes à zazen dans une posture résolument
stable. Bien que l’on dise qu’il y a autant
d’esprits que d’hommes, en pratiquant zazen,
tous négocient la Voie de la même manière.
Pourquoi abandonner le siège qui vous est réservé
à la maison pour errer sur les terres poussiéreuses
d’autres royaumes ? Un seul faux pas, et vous vous
écartez de la voie tracée toute droite devant
vous.
Vous
avez eu la chance unique de prendre forme humaine. Ne perdez
pas votre temps. Vous apportez votre contribution à
l’œuvre essentielle de la Voie du Bouddha. Qui
prendrait un plaisir vain à la flamme jaillie du
silex ? Forme et substance sont comme la rosée sur
l’herbe, la destinée semblable à un
éclair évanouie en un instant. Je vous prie,
honorés disciples du zen, depuis longtemps habitués
à tâter l’éléphant dans
l’obscurité, ne doutez pas du vrai dragon.
Consacrez vos énergies à la Voie qui indique
l’absolu sans détour. Respectez l’homme
réalisé, qui se situe au-delà des activités
volontaristes ; mettez-vous en harmonie avec l’illumination
des Bouddhas ; succédez au samadhi des Patriarches.
Conduisez-vous toujours ainsi, et vous serez comme ils sont.
Votre chambre au trésor s’ouvrira d’elle-même,
et vous en userez comme bon vous semblera.
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