Ordinairement,
les hommes sous-estiment la portée de leurs gestes,
de leurs paroles et de leurs pensées. Ils ne reconnaissent
pas les fruits de ce qu'ils ont semé. L'immobilité,
le silence et la conscience hishiryo du zazen
sont les conditions idéales à la non-production
de karma ; même les pensées qui surgissent
ne laissent pas de traces.
D'autre
part, un individu peut être considéré
comme la somme de toutes les conséquences de ses
actions dans cette vie présente et ses vies passées,
qui se manifestent par exemple par l'hérédité.
Enfin,
dans ce monde, chacun est soumis à la chaîne
des causes et des effets, des successions de renaissance
et de mort, que l'on appelle la loi karmique. Celle-ci n'est
ni le destin ni la fatalité, car à tout instant
chacun a la liberté de briser cette chaîne.
Cette
loi exerce sur chaque être humain un pouvoir fort,
le pouvoir du karma. Celui-ci fait poursuivre ce
que l'on aime, fuir ce que l'on déteste, et de cette
façon l'ignorance se perpétue.
La
conscience hishiryo de zazen donne accès
à cette connaissance et ainsi l'être humain
peut inconsciemment transformer son karma. Plus
un être s'éveille à cette réalité,
plus son autonomie et sa liberté sont grandes et
ses actions justes.
A
l'époque de Bouddha vivait un sage qui avait
la faculté de dire aux gens où leurs proches
se trouvaient après leur mort. En examinant leur
crâne il comprenait leur karma. Un jour,
il rencontra Bouddha, qui voulut le mettre à
l'épreuve en lui présentant le crâne
d'un de ses disciples récemment mort en posture de
zazen. Le sage ne put discerner le karma
de ce moine.
Bouddha lui dit alors : "Mon disciple
vit là où il n'y a ni mort, ni vie, ni début,
ni fin. Pour lui il n'y a aucun endroit spécial où
aller."