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Le mot karma en sanscrit signifie l'action, mais cette notion inclut différents aspects.

Tout d'abord il concerne l'action produite soit par le corps, soit par la parole, soit par la pensée. Dans le présent, le karma est semblable à une graine qui contient en elle-même le potentiel du futur et qui engendre donc un nouveau karma. Les fruits du karma sont récoltés sous forme de bonheur ou de malheur selon la nature des actes commis.

Ordinairement, les hommes sous-estiment la portée de leurs gestes, de leurs paroles et de leurs pensées. Ils ne reconnaissent pas les fruits de ce qu'ils ont semé. L'immobilité, le silence et la conscience hishiryo du zazen sont les conditions idéales à la non-production de karma ; même les pensées qui surgissent ne laissent pas de traces.

D'autre part, un individu peut être considéré comme la somme de toutes les conséquences de ses actions dans cette vie présente et ses vies passées, qui se manifestent par exemple par l'hérédité.

Enfin, dans ce monde, chacun est soumis à la chaîne des causes et des effets, des successions de renaissance et de mort, que l'on appelle la loi karmique. Celle-ci n'est ni le destin ni la fatalité, car à tout instant chacun a la liberté de briser cette chaîne.

Cette loi exerce sur chaque être humain un pouvoir fort, le pouvoir du karma. Celui-ci fait poursuivre ce que l'on aime, fuir ce que l'on déteste, et de cette façon l'ignorance se perpétue.

La conscience hishiryo de zazen donne accès à cette connaissance et ainsi l'être humain peut inconsciemment transformer son karma. Plus un être s'éveille à cette réalité, plus son autonomie et sa liberté sont grandes et ses actions justes.

A l'époque de Bouddha vivait un sage qui avait la faculté de dire aux gens où leurs proches se trouvaient après leur mort. En examinant leur crâne il comprenait leur karma. Un jour, il rencontra Bouddha, qui voulut le mettre à l'épreuve en lui présentant le crâne d'un de ses disciples récemment mort en posture de zazen. Le sage ne put discerner le karma de ce moine.

Bouddha lui dit alors : "Mon disciple vit là où il n'y a ni mort, ni vie, ni début, ni fin. Pour lui il n'y a aucun endroit spécial où aller."