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Le
moine sans demeure (1880-1965)
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Kodo
Sawaki, surnommé "Kodo le sans-demeure",
voulut donner au zen un souffle nouveau en
le sortant des temples figés dans le formalisme.
Il critiquait sévèrement le professionnalisme
des moines qui poursuivaient seulement une carrière
religieuse, souvent de père en fils, où
la certification est perçue comme un diplôme,
perdant ainsi le sens véritable du zen. Kodo
Sawaki était suivi par de nombreux disciples
autant laïcs que moines. Il était respecté
et admiré dans tout le Japon pour sa vie simple
et libre. Il enseignait lors des sesshin la pratique
pure de shikantaza.
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Quand Kodo eut cinq ans, sa mère
mourut et, à l'âge de huit ans, il perdit son
père. Il fut adopté par un ami de son oncle,
un homme paresseux qui ne croyait qu'au tabac et au sexe.
A l'âge de treize ans, Kodo dut travailler
pour se nourrir et, dans un quartier louche, il devint guetteur
à la solde de joueurs. Ayant assisté à
la mort d'un vieil homme dans une maison close, il prit brutalement
conscience de l'impermanence de la vie et du non-sens d'une
telle mort.
Sans
famille ni amis, sans argent, âgé de seize ans,
il se rendit à pied au temple de Eihei-ji.
Les moines, prenant Kodo pour un vagabond, refusèrent
de le recevoir. Sans se décourager, il insista jusqu'à
ce qu'on l'admît dans le temple. Chargé de piler
le riz à la cuisine, comme le sixième patriarche
Eno, Kodo demeura quelques années à
Eihei-ji. Ce fut durant ses voyages ultérieurs
qu'il rencontra Maître Koho, par qui il fut
certifié. |
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Lorsque éclata la guerre sino-japonaise,
il fut envoyé au front. Un jour, après avoir
reçu une balle dans la bouche, il fut laissé
pour mort et jeté dans un charnier. Sérieusement
blessé et incapable de bouger, il resta plusieurs jours
sous les corps en décomposition. Découvert,
Kodo fut renvoyé au Japon comme blessé
de guerre.
Ayant
réalisé que la pratique de zazen avait
pratiquement disparu du zen au Japon, déçu,
il se retira dans un ermitage abandonné. Dormant peu,
il passait ses jours et ses nuits à pratiquer zazen
et à étudier le Shobogenzo de Maître
Dogen.
Après
quelques années de cette vie, suivi par quelques fervents
disciples, parmi lesquels Taisen Deshimaru, il répandit
son enseignement aux quatre coins du Japon, des grandes villes
aux bourgades de pêcheurs, des universités aux
prisons.
En
1965, sur son lit de mort, il remit à Taisen Deshimaru
ses kesa et ses bols, et lui demanda de continuer
son enseignement. |
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