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Nous
avons un corps, mais le corps n'est pas l'ego. Nous avons
un esprit, mais l'esprit n'est pas l'ego. L'ego n'est rien,
il n'est qu'interdépendance avec le milieu, sans
substance. Si on se considère comme une entité
autonome, douée de volonté propre, on ne peut
qu'aller d'erreur en erreur, se heurtant à tout l'univers
qui nous entoure.
L'illusion,
l'aveuglement, c'est être prisonnier de
ce qu'on croit être la vérité. A travers
nos sens nous percevons des formes, des événements,
des circonstances. Nous classifions ces perceptions, en tirons
des conclusions et croyons que ce que notre cerveau combine
est la vérité. Persuadés de ce que nous
croyons être juste, nous sommes même prêts à nous
battre pour nos convictions.
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Le
satori, c'est s'éveiller d'un rêve
et saisir le Soi qui pénètre l'univers entier.
C'est le lieu où il n'y a ni haut ni bas, ni gauche
ni droite, ni envers ni endroit. Il est transparent, des
cieux jusqu'à la terre, il est l'achèvement
de la Voie. La peur, l'anxiété et le mensonge
en sont absents ; lorsque le mensonge disparaît, l'univers
devient aussi pur que le cristal.
Un
poème japonais dit : "Il n'y a pas de goutte
de rosée sur l'herbe sur laquelle ne se reflète
le clair de lune". Sur chaque brin d'herbe brille
le clair de lune : phénomène universel, nature
de Bouddha. Zazen
lui même est satori. En zazen on
peut respirer, observer, entendre tous les sons, sentir
et savourer les parfums de la nature, toucher le cosmos
tout entier.
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