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SHUKKE-KUDOKU

Le Mérite de Quitter la Vie de Famille

lundi 4 avril 2005, par Gyobutsu Ji

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Dans ce chapitre, Maître Dôgen fait l’éloge et souligne le mérite de quitter ou transcender la vie de famille. La plupart des gens sont élevés à l’intérieur d’une famille et l’influence que notre famille a sur nous est souvent beaucoup plus forte que nous ne le réalisons. Le but de l’étude du Bouddhisme est de réaliser ce qu’est la Vérité. Pour accomplir cela, il nous est nécessaire de dépasser notre vie de famille parce que les habitudes que nous formons et l’influence que notre famille a sur nous tend à nous empêcher de voir clairement ce qu’est la vérité. C’est pourquoi le mérite de la tradition de quitter la vie de famille est révéré dans le bouddhisme.

Nous présentons cette traduction par Alice Richemont d’un chapitre du Shobogenzo de maître Dogen. Il s’agit d’un document spirituel important pour connaître notre tradition du Zen Soto. Mais, en pratique, actuellement en Europe et aussi au Japon depuis l’ére Meiji, les moines zen peuvent se marier. Dans ce cas il n’est donc plus question de quitter la vie de famille, mais de faire de cette vie de famille un lieu de pratique de la Voie. Pour cela les moines et les nonnes qui font le vœux de mettre la pratique de l’enseignement du Bouddha au centre de leur vie, s’efforcent de transformer leur sentiment d’attachement égoïste à leur famille en attitude d’amour bienveillant et en pratique de la compassion.

Yuno Rech

Shutsu signifie « sortir » ou « dépasser ». ke signifie « la maison », « le foyer » ou « la vie de famille » et kudoku signifie « le mérite ». Aussi Shukke-kudoku signifie le mérite de quitter la vie de famille. Dans ce chapitre, Maître Dôgen fait l’éloge et souligne le mérite de quitter ou transcender la vie de famille. La plupart des gens sont élevés à l’intérieur d’une famille et l’influence que notre famille a sur nous est souvent beaucoup plus forte que nous ne le réalisons. Le but de l’étude du Bouddhisme est de réaliser ce qu’est la Vérité. Pour accomplir cela, il nous est nécessaire de dépasser notre vie de famille parce que les habitudes que nous formons et l’influence que notre famille a sur nous tend à nous empêcher de voir clairement ce qu’est la vérité. C’est pourquoi le mérite de la tradition de quitter la vie de famille est révéré dans le bouddhisme comme l’explique ici Maître Dôgen.

Le Bodhisattva Nâgârjuna dit : Quelqu’un demande, « Avec les préceptes laïques, nous sommes capables de naître dans les cieux supérieurs, d’atteindre la voie du bodhisattva, et d’atteindre le nirvâna. Alors pourquoi est-il nécessaire de se fier aux préceptes de ceux qui ont quitté la vie de famille ? »

Je réponds : Bien que les deux (laïcs et moines) puissent atteindre le salut, là encore il y a difficulté et facilité. Les modes de vie des laïcs comportent toutes sortes de travaux et de devoirs. S’ils souhaitent concentrer leurs esprits sur la vérité et le Dharma, leurs affaires vont péricliter et s’ils se concentrent sur la gestion de leurs affaires les sujets se rapportant à la vérité se détérioreront. Ils devraient pouvoir pratiquer le Dharma sans choisir, sans abandonner (l’un ou l’autre) ce qui est qualifié de « difficile ». Si nous quittons la vie de famille et nous séparons de la vie séculière pour éradiquer les diverses irritations et perturbations, et pour concentrer l’esprit seulement sur la pratique de la vérité, c’est qualifié de « facile ». De plus, la vie de famille étant désordonnée et bruyante, avec beaucoup de travail et beaucoup de devoirs, elle est la racine d’entraves et le siège de beaucoup de péchés. Elle est qualifiée de « très difficile ». Si nous quittons la vie de famille, nous sommes comme, par exemple, une personne qui s’en va séjourner dans un endroit désert, parmi des champs vides, et faisant de l’esprit la totalité, de sorte qu’il n’y a ni intention ni souci : nous sommes déjà délivrés des pensées intérieures et les questions extérieures sont aussi parties. Comme dit un poème,

Nous nous asseyons dans la tranquillité parmi les arbres de la forêt,
Dans l’état serein, tous les maux s’évaporent.
Placidement nous acquérons un esprit entier,
Ce plaisir est au-delà du plaisir des dieux.

Les autres cherchent profit, fortune et situation,
De beaux vêtements et des lits confortables.
De tels plaisirs ne sont pas paisibles.
Il n’y a pas de satisfaction à chercher le profit.

En robes rapiécées nous mendions notre nourriture,
En mouvement ou immobiles, l’esprit est constamment un.
Avec notre propre vision de sagesse,
Nous réfutons la réalité de tous les dharmas.

Les nombreuses sortes de portes du Dharma,
Toutes, à travers l’harmonie, sont pénétrées par la réflexion.
L’esprit de compréhension et de sagesse se maintient dans la sérénité.
C’est au-delà du triple monde.

Donc nous voyons que, lorsque nous quittons la vie de famille, observer les préceptes et pratiquer la vérité est très facile. De plus, quitter la vie de famille et observer les préceptes fait obtenir d’innombrables degrés de vertu et d’observance et nous place en totale possession de tous. Pour cette raison, ceux qui sont vêtus de blanc, devraient quitter la vie de famille et recevoir l’ordination. De plus, dans le Bouddha-Dharma, le Dharma de quitter la famille est le plus difficile de tous à pratiquer, ainsi qu’il est (illustré quand) le Brahmane Jambukhâdaka demanda à Sâriputra, « Quelle est la chose la plus difficile dans le Bouddha-Dharma ? » Sâriputra répondit, « Quitter la vie de famille est (le plus)difficile. » (Le Brahmane) demanda encore, « Quelles difficultés y a t-il à quitter la vie de famille ? » (Sâriputra ) répondit, « En quittant la vie de famille, avoir un confort intérieur est difficile. » (Le Brahmane demanda) « Quand on a déjà atteint un bien-être intérieur, alors qu’est ce qui est difficile ? » (Sâriputra répondit), « Pratiquer de bons moyens est difficile. »

Donc nous devrions quitter la vie de famille. De plus, quand une personne quitte la vie de famille, le roi des démons, étonné et souffrant, dit, « Cette personne n’a guère d’entraves ou de désirs ! (Cette personne) atteindra sûrement le nirvâna et tombera parmi les innombrables membres du Trésor de la Sangha ! » De plus, dans le Bouddha-Dharma, les gens qui ont quitté la vie de famille, même s’ils rompent les préceptes et tombent dans le péché, après avoir expié leurs péchés, peuvent atteindre la libération, comme l’explique la bhiksuni Utpalavarnâ dans le Jâtaka sutra : Au temps où le Bouddha est manifesté dans le monde, cette bhiksuni atteint les six pouvoirs mystiques et l’état d’arhat. Elle se rend dans les maisons des nobles et prêche constamment le Dharma de quitter la vie de famille, disant à toutes les dames de l’aristocratie, « Sœurs ! Vous devriez quitter la vie de famille. » Les nobles dames disent, « Nous sommes jeunes et dans notre printemps, et nos formes sont au sommet de leur beauté. Garder les préceptes serait difficile. Parfois nous pourrions rompre les préceptes. » La bhiksuni dit, « Si vous rompez les préceptes, vous les rompez. Quittez seulement la vie de famille. » Elles demandent, « Si nous brisons les préceptes, nous tomberons en enfer. Pourquoi devrions nous risquer de les briser ? » Elle répond, « Si vous tombez en enfer, vous tombez. » Toutes les nobles femmes rient de cela, en disant, « En enfer nous aurions à recevoir la (rétribution pour nos)péchés. Pourquoi devrions-nous risquer de tomber (en enfer) ? » La bhiksuni dit, « Je me rappelle que, pendant une vie passée, je devins prostituée, et portais toutes sortes d’habits et disais des mots vulgaires. Un jour, en plaisantant, j’enfilai une robe de bhiksuni et, à cause de ceci, comme cause directe ou indirecte, au temps du Bouddha Kâsyapa, je devins bhiksuni. J’étais fière de ma noble ascendance et de mes jolis traits : la vanité et l’arrogance grandirent dans mon esprit, et je rompis les préceptes. A cause de l’erreur de rompre les préceptes, je tombai en enfer et souffris pour mes divers péchés, mais après la souffrance, je rencontrai finalement le Bouddha Sâkyamuni, quittai la vie de famille et atteignis les six pouvoirs mystiques et la vérité d’un arhat. Donc, je sais que lorsque nous quittons la vie de famille et recevons les préceptes, même si nous rompons les préceptes, à cause des préceptes comme causes directe et indirecte, nous pouvons atteindre la vérité d’arhat. Si j’avais seulement fait le mal, sans les préceptes comme causes directe et indirecte, je n’aurais pu atteindre la vérité. Dans le passé, d’époque en époque, je suis tombée en enfer. Quand je sortais de l’enfer, je devenais une mauvaise personne, et quand la mauvaise personne mourait je retournais en enfer, et il n’y avait aucun profit. Maintenant, à partir de là, je sais par expérience que, quand nous quittons la vie de famille et recevons les préceptes, ceci comme cause directe ou indirecte-même si nous rompons les préceptes-nous pouvons atteindre l’éveil comme effet. »

Plus tard, quand le Bouddha séjournait au parc de Jetavana, un Brahmane ivre vint là où se trouvait le Bouddha et chercha à devenir un bhiksu. Le Bouddha ordonna à Ananda de lui raser la tête et de le vêtir de la robe du Dharma. S’étant réveillé de son ivresse, le Brahmane fut consterné que son corps soit soudain devenu celui d’un bhiksu, et sur le champ il s’enfuit. Tous les bhiksus demandèrent au Bouddha, « Pourquoi avez-vous permis à ce Brahmane de devenir bhiksu ? »

Le Bouddha dit, « Depuis d’innombrables kalpas, ce Brahmane n’a jamais eu la moindre volonté de quitter la vie de famille. Maintenant, parce qu’il a été ivre, il a acquis temporairement un peu de volonté. Avec ceci comme cause directe ou indirecte, dans le futur, il quittera la vie de famille et atteindra la vérité. » Dans diverses histoires comme celle-ci, le mérite de quitter la vie de famille est incommensurable. Donc, ceux vêtus de blanc, même s’ils possèdent les cinq préceptes, ne sont pas égaux à ceux qui ont quitté la vie de famille.

L’Honoré-du-monde permit donc au Brahmane ivre de quitter la vie de famille et de recevoir les préceptes, voyant cela comme la première plantation de la semence de la réalisation de la vérité. En clair, des temps anciens jusqu’à nos jours, les êtres vivants qui manquent au mérite de quitter la vie de famille, ont été pour toujours incapables d’atteindre l’état de bouddha de l’éveil. Ce Brahmane, parce qu’il était légèrement ivre, a momentanément acquis un peu de volonté et, sa tête ayant été rasée, recevant les préceptes, devint un bhiksu. La période avant qu’il ne dessaoûle ne fut pas bien longue, mais le principe que ce mérite devrait être préservé et développé comme bonne racine de réalisation de la vérité, est présent dans les paroles d’or, de vraie philosophie, de l’Honoré-du-monde, et est le souhait originel du Tathâgata se manifestant dans le monde. Tous les êtres vivants, dans le passé, le présent et le futur, doivent croire et pratiquer avec dévotion (ce principe) de quitter la vie de famille. En vérité, l’établissement de la volonté et la réalisation de la vérité adviennent inévitablement au décours de très brefs moments. Ce mérite momentané du Brahmane à quitter la vie de famille est comme cela. Plus encore, comment le mérite de quitter la vie de famille et de recevoir les préceptes pendant toute notre vie humaine actuelle pourrait-il être inférieur au mérite du Brahmane ivre ? Les rois qui ont tourné la roue sacrée apparurent il y a plus de quatre-vingt mille ans et régnèrent sur les quatre continents, abondamment pourvus des sept trésors. A cette époque, ces quatre continents étaient tous comme la Terre Pure. Le plaisir éprouvé par les rois de la roue est au-delà de l’expression par les mots. Il est dit qu’il y a des (rois de la roue) qui gouvernent un monde multiplié par trois mille. Il y a des distinctions entre (rois de) roues d’or, d’argent, de cuivre et de fer, qui gouvernent un, deux, trois ou quatre continents, (mais) leurs corps sont tous invariablement libres des dix fléaux. Bien que même un tel roi sacré tournant la roue soit donc abondamment pourvu de plaisirs, lorsqu’un seul cheveu blanc pousse sur sa tête, il abdique le trône pour le prince de la couronne et, avec son propre corps, il quitte immédiatement la vie de famille, revêt le kasâya, et entre dans les montagnes ou la forêt pour s’exercer, de sorte que, quand sa vie se termine, il ne manque pas de naître dans un paradis de brahma. Il place ce cheveu blanc issu de sa tête dans un coffret afin qu’il soit gardé dans le palais royal et transmis au prochain roi de la roue. Le prochain roi de la roue, quand il lui vient aussi un cheveu blanc, fait exactement comme le roi précédent. La longueur de la vie restant à un roi sacré tournant la roue après qu’il ait quitté sa maison est hors de comparaison avec celle des gens d’aujourd’hui. On dit qu’un roi de la roue déjà (âgé de) plus de quatre-vingt mille ans et dont le corps est doté des trente-deux marques, ne peut être égalé par les gens d’aujourd’hui. Néanmoins, quand il voit un cheveu blanc et réalise l’impermanence, il quitte inévitablement la maison et pratique la vérité, afin d’accomplir du mérite en pratiquant une conduite sans tache. Les rois de nos jours ne peuvent égaler les rois sacrés tournant la roue. S’ils gaspillent du temps précieux en pleine avidité, et manquent à quitter la vie de famille, ils peuvent le regretter dans les temps futurs. Encore plus, dans une petite nation d’un pays reculé, il y a des rois qui, bien qu’appelés rois, n’ont pas la vertu de rois ; ils sont incapables de limiter leur avidité. (Mais) s’ils quittent la vie de famille et pratiquent la vérité, de nombreux dieux heureusement les protégeront, les déités-dragon les garderont respectueusement et lesYeux-de-bouddha des bouddhas pourront certainement les authentifier et se réjouir. Dans son passé de prostituée, (la Nonne Utpalavarna) revêtit la robe de bhiksuni, non par confiance, mais comme plaisanterie. Bien que ceci comporte vraisemblablement le péché de prendre le Dharma à la légère, par la vertu de vêtir son corps de cette robe, elle rencontra le Bouddha-Dharma dans une seconde époque. « La robe de bhiksuni » signifie le kasâya. Par la vertu de porter le kasâya par plaisanterie, elle rencontra le Bouddha Kâsyapa dans une seconde vie, elle quitta la vie de famille et reçut les préceptes, et elle devint une bhiksuni. Bien qu’elle soit tombée en enfer, comme résultat d’avoir rompu les préceptes, et ait reçu ( rétribution pour) ses péchés, parce que le mérite (de porter le kasâya) n’avait pas décliné, elle rencontra finalement le Bouddha Sâkyamuni. En rencontrant bouddha, en entendant le Dharma, établissant la volonté, et s’exerçant, elle quitta pour toujours le triple monde et devint une grande arhat, pourvue des six pouvoirs et des trois sortes de connaissance. Sans doute (son état) doit avoir été celui de la suprême vérité. Par conséquent, quand, dés le début, et seulement pour l’amour suprême de l’éveil, nous sécrétons la pure confiance, et nous avons foi en le kasâya et le recevons, le mûrissement de ce mérite sera plus rapide que (le mûrissement) du mérite de la prostituée. Bien plus encore, quand, pour l’amour de l’état suprême de l’éveil, nous établissons l’esprit d’éveil, quittons la vie de famille, et recevons les préceptes, ce mérite pourrait être incommensurable. Sans un corps humain, ce mérite est rarement accompli. Dans les Cieux de l’Ouest et les Terres de l’Est, comme moines ou comme laïcs, bodhisattvas et patriarches ont été nombreux, mais aucun n’a égalé le Patriarche Nâgârjuna. Seul Maître Nâgärjuna a cité des histoires telles que celles du Brâhmane ivre et de la prostituée, afin d’encourager les êtres vivants à quitter la vie de famille et recevoir les préceptes. Ceci est le récit exact par Maître Nâgärjuna du discours d’or de l’Honoré-du-Monde.

L’Honoré-du-Monde dit, « Sur le continent du Sud il y a quatre sortes d’excellence suprême :

1) rencontrer le Bouddha,
2) entendre le Dharma,
3) quitter la vie de famille,
4) atteindre la vérité. »
Rappelez-vous clairement que ces quatre sortes de suprême excellence sont au-delà du continent du Nord et au-delà des différents cieux. Maintenant que, conduits par le pouvoir de bonnes racines longuement accumulées, nous avons reçu un corps de suprême excellence, nous devrions quitter joyeusement la vie de famille et recevoir les préceptes. Ne gaspillez pas l’excellent corps de bonté, laissant sa vie semblable à une goutte de rosée à la merci du vent de l’impermanence. Si nous accumulons de vie en vie l’état de quitter la vie de famille, ce sera « l’accumulation de mérite et l’entassement de vertu. »

L’Honoré-du-Monde dit, « Dans le Bouddha-Dharma les effets et résultats du fait de quitter la vie de famille sont inconcevables. Même si une personne érigeait un stupa aux sept trésors aussi haut que les trente-trois dieux, le mérite gagné serait inférieur à celui de quitter la vie de famille. Pourquoi ? Parce qu’un stupa aux sept trésors peut être démoli par des gens avides, stupides et malveillants, (mais) le mérite de quitter la vie de famille est indestructible. Par conséquent, si(quelqu’un) enseigne(ce mérite) à des hommes et des femmes, ou libère des serviteurs mâle et femelle, ou autorise des citoyens, ou, avec son propre corps, quitte la vie de famille et pénètre la vérité, le mérite est incommensurable. »

L’Honoré-du-Monde, connaissant clairement le montant du mérite, fit une comparaison comme celle-ci. Srîvaddhi, en l’entendant, bien qu’il fut un homme âgé de 120 ans, fut appelé à quitter la vie de famille et à recevoir les préceptes ; il s’assit avec les enfants sur les bancs du fond, supporta la formation, et devint un grand arhat. Rappelez-vous, le corps humain de notre présente vie est temporairement formé, selon des combinaisons directes et indirectes, des quatre éléments et des cinq agrégats, et il souffre toujours des huit sortes de souffrance. De plus, d’instant en instant il apparaît et disparaît, absolument sans cesse. Encore plus, pendant un claquement de doigts, soixante-cinq ksânas apparaissent et disparaissent, mais parce que nous sommes bornés, nous ne le savons pas. Assemblés dans la durée d’un jour et d’une nuit, il y a 6.400.099.980 ksânas, (dans chacun desquels) les cinq agrégats apparaissent et disparaissent, mais nous ne le savons pas. Il est pitoyable, alors même que nous apparaissons et disparaissons, nous-mêmes ne le sachions pas. La durée de l’apparition et disparition d’un ksâna était connue seulement par l’Honoré-du-Monde et par Sâriputra ; bien que d’autres saints aient été nombreux, aucun d’eux ne le savait. A nouveau, juste grâce à ce fait d’apparition et disparition instantanée, les êtres vivants produisent du bon ou mauvais karma. Grâce à ce fait d’apparition et disparition instantanée, les êtres humains acquièrent la volonté et atteignent la vérité. (Notre corps humain) est un corps humain qui apparaît et disparaît comme ça ; même si nous le chérissons, il ne peut rester immuable. Depuis des temps immémoriaux, il n’y a jamais eu une seule personne qui, économisant mesquinement (le corps humain) est restée immuable. Le corps humain n’est donc pas le nôtre, mais si nous l’utilisons pour quitter la vie de famille et recevoir les préceptes, nous expérimenterons l’état de bouddha qui est aussi impérissable qu’un diamant, l’anuttara-samyak-sambodhi expérimenté par les bouddhas des trois temps. Quelle personne avisée ne poursuivrait pas joyeusement (cet état) ? C’est pourquoi les huit fils du Bouddha du passé Lumière-de-la-Lune, renoncèrent tous à une position royale de domination des quatre continents, et quittèrent la vie de famille. Des seize fils du Bouddha Sagesse-Universelle-Incomparable, chacun quitta la vie de famille. Tandis que Sagesse-Universelle était entré dans l’état immuable, ils prêchaient à l’assemblée la Fleur du Dharma, et ils sont maintenant devenus des tathâgatas des dix directions. Huit myriades de kotis de gens parmi les masses conduites par le roi sacré tournant la roue, leur royal père, voyant les seize princes quitter la vie de famille, cherchèrent aussi à quitter la vie de famille, ce sur quoi le roi, immédiatement, le leur permit. Les deux fils du Roi Resplendissant, avec leur père royal et la reine, tous quittèrent la vie de famille. Rappelez-vous, il est évident que, quel que fut le temps où apparurent de grands saints, ils ont immanquablement considéré que quitter la vie de famille est le vrai Dharma. Nous ne devrions pas dire que ces gens quittèrent la vie de famille par stupidité ; sachant qu’ils ont quitté la vie de famille par sagesse, nous devrions espérer faire de même. Au temps du présent Bouddha Sâkyamuni, Râhula, Ananda, etc, tous quittèrent la vie de famille, de plus, c’est (l’exemple du) millier de Sâkyas quittant la vie de famille et des vingt-mille Sâkyas quittant la vie de famille ; nous devons faire appel à ces excellents exemples. Des cinq bhiksus qui dés le début quittèrent la vie de famille, à Subhadra qui quitta la vie de famille à la fin, (tous) les gens qui se consacrèrent au Bouddha quittèrent immédiatement la vie de famille. Souvenez-vous, son mérite est incommensurable. En conséquence, si les gens du monde ont compassion de leurs enfants et petits enfants, ils devraient les laisser quitter la vie de famille sans retard. S’ils ont compassion de leurs pères et mères, ils devraient leur recommander de quitter la vie de famille. Pour cette raison, un poème dit :

S’il n’y avait pas de temps passés,
Il ne pourrait y avoir de bouddhas passés.
S’il n’y avait pas de bouddhas passés,
Quitter la vie de famille et recevoir l’ordination
N ’existerait pas.
Ce poème est un poème des bouddhas-tathâgatas. Il détruit l’affirmation non-bouddhiste que les temps passés n’existent pas. Aussi rappelez-vous, quitter la vie de famille et recevoir l’ordination sont le Dharma des bouddhas passés. Lorsque, par bonheur, rencontrant un temps où quitter la vie de famille et recevoir l’ordination - actions qui sont le merveilleux Dharma des bouddhas - (si), par négligence, nous manquons à quitter la vie de famille et à recevoir les préceptes, il serait difficile de savoir quel obstacle en fut la cause. Avec le corps substantiel, la plus basse sorte de chose, nous pouvons accomplir la plus haute sorte de mérite. Cela peut être la plus haute sorte de mérite à Jambudvîpa et dans le triple monde. Tant que ce corps humain à Jambudvîpa n’a pas encore disparu, nous devrions, sans faillir, quitter la vie de famille et recevoir les préceptes.

Un saint ancien dit, « Les gens qui ont quitté la vie de famille, même s’ils rompent les préceptes, dépassent encore les laïcs qui reçoivent et gardent les préceptes. Par conséquent, les sutras encouragent uniquement les gens à quitter la vie de famille, et cette bienveillance est dure à rembourser. De plus, encourager (les gens) à quitter la vie de famille, c’est juste encourager les gens à pratiquer un comportement vénérable ; les effets et résultats obtenus (par cet encouragement) dépassent le Roi Yama, les rois de la roue, et le Dieu Sakra. En conséquence, les sutras encouragent seulement les gens à quitter la vie de famille et cette bienveillance est difficile à rembourser. De fait, il n’existe pas d’encouragement des gens à recevoir et garder les préceptes de disciple laïc, et ainsi les sutras ne le mentionnent pas. »

Rappelez-vous, si nous avons quitté la vie de famille, même si nous rompons les préceptes, c’est mieux que de ne pas rompre les préceptes en tant que laïc. Comme (actes) de dévotion au Bouddha, quitter la vie de famille et recevoir les préceptes, est, en chaque cas, le plus excellent. Les effets et résultats d’encourager les autres à quitter la vie de famille sont au-delà de l’excellence du Roi Yama, au-delà de l’excellence d’un roi de la roue, et au-delà de l’excellence du Dieu Sakra. Même un vaisya ou un sudra, en quittant la vie de famille et recevant les préceptes, dépassera un ksatriya, et en fait dépassera le Roi Yama, dépassera les rois de la roue, et dépassera le Dieu Sakra. Il n’en est pas ainsi des préceptes laïques, donc nous devrions quitter la vie de famille. Rappelez-vous, ce que l’Honoré-du-Monde enseignait, bien qu’insondable, fut largement rassemblé par un Honoré-du-Monde et cinq cents grands arhats. Vraiment, (par conséquent) nous avons pu savoir que les vérités du Bouddha-Dharma devraient être évidentes. Les enseignants ordinaires des époques récentes ne peuvent même pas sonder la sagesse des trois sortes de connaissance et les six pouvoirs d’un seul saint, encore moins (la sagesse des) cinq cents saints. (Les cinq cents) ont su ce que les enseignants ordinaires des époques récentes ne connaissent pas, ont vu ce que les enseignants ordinaires ne voient pas, et ont réalisé ce que les enseignants ordinaires ne réalisent pas, mais rien qui soit connu par les enseignants ordinaires n’est inconnu des (cinq cents) saints. Aussi ne comparez pas les explications lamentables et insensées des enseignants ordinaires avec les mots des saints des trois sortes de connaissance.

L’Abhidharma-mahâvibhâsa-sâstra, (fascicule 120) dit, « (Si)même quelqu’un qui établit la volonté et quitte la vie de famille est déjà nommé être sacré, combien davantage quelqu’un qui a atteint l’état de patience envers le Dharma. »

Rappelez-vous, établir la volonté et quitter la vie de famille, c’est être qualifié d’être sacré.

Parmi les cinq cents grands vœux du Bouddha Sâkyamuni, le vœu n° 137 est : « Dans le futur, après que j’aie réalisé l’état correct de vérité, s’il y a des hommes qui, dans mon Dharma, désirent quitter la vie de famille, je fais le vœu qu’ils soient libres d’entraves - à savoir, infirmité ; perte de la capacité mentale ; confusion ; orgueil ; manque de respect ; stupidité et absence de sagesse ; abondance de préoccupations ; et distraction de l’esprit. Sinon, que je ne réalise pas le juste état de vérité. »
Le vœu n° 138 est « Dans le futur, après avoir réalisé le véritable état de vérité, et reçu les grands préceptes, s’il y a des femmes qui désirent, dans mon Dharma, quitter la vie de famille pour étudier la vérité, et recevoir les grands préceptes, je fais le vœu de (le) leur faire accomplir. Sinon, que je ne réalise pas le juste état de vérité. »
Le vœu n°314 est : « Dans le futur, après que j’aie réalisé le juste état de vérité, s’il y a des êtres vivants qui manquent de bonnes racines, mais tout en expérimentant un sentiment d’amour et de délice pour une bonne racine en leur esprit, je serais cause qu’ils quittent la vie de famille et étudient la vérité du Bouddha-Dharma dans une époque future, et leur ferais, paisiblement et résolument, demeurer près des dix préceptes purs et sacrés. Sinon, que je ne réalise pas le juste état de vérité. »

Rappelez-vous, les bons fils et les bonnes filles qui ont quitté la vie de famille aujourd’hui ont tous été soutenus par le pouvoir des grands vœux faits dans le passé par l’Honoré-du-Monde, et (donc) ils ont pu, sans obstacles, quitter la vie de famille et recevoir les préceptes. Le Tathâgata déjà, par son vœu, nous a fait quitter la vie de famille. Nous avons clairement vu que c’est le mérite le plus valable et le plus grand.

Le Bouddha dit, « Surtout, s’il y a quelqu’un qui, me suivant, rase barbe et cheveux et porte un kasâya sans recevoir les préceptes, même ceux qui font des offrandes à cette personne, pourront à la fin entrer dans le château de la non-peur. C’est pour de telles raisons que je prêche ainsi. »

Nous voyons clairement que si (une personne) rase barbe et cheveux et porte le kasâya, même sans recevoir les préceptes, les gens qui servent des offrandes à cette (personne) entreront dans le château de la non-peur.

Plus loin il dit, « Si, à nouveau, il y a une personne qui, par amour de moi, a quitté la vie de famille et qui, même sans prendre les préceptes, rase barbe et cheveux et porte un kasâya, ceux qui, dans le non-Dharma, dérangent ou font du mal à cette (personne) blesseront même les corps du Dharma et les corps de jouissance des bouddhas des trois temps, parce qu’ils seront en fin de compte remplis des trois états du mal. »

Le Bouddha dit, « S’il y a des êtres vivants qui, par amour de moi, ont quitté la vie de famille, ont rasé barbe et cheveux et portent le kasâya, même s’ils ne gardent pas les préceptes, ils ont tous déjà été marqués du sceau du nirvâna. De plus, si quelqu’un, dans le non-Dharma, dérange ceux qui ont quitté la vie de famille sans garder les préceptes, ou les injurie et les humilie, ou les insulte, ou les frappe, les attache, ou coupe leur main usuelle, les mutile en utilisant la main, l’épée, ou le bâton ; ou vole leurs robes et leur bol ; ou vole divers objets nécessaires à la vie, alors une telle personne blesse les corps réels de jouissance des bouddhas des trois temps et offense les yeux de tous les êtres humains et des dieux - parce que cette personne veut dissimuler les semences du vrai Dharma et des Trois Trésors que possèdent les bouddhas ; parce que (cette personne) empêche les dieux et les êtres humains de recevoir des bienfaits et les fait aller en enfer ; et parce que (cette personne) favorise et approvisionne les trois états du mal. »

Rappelez-vous, si (les gens) rasent leurs têtes et (portent) la robe teinte, même s’ils ne gardent pas les préceptes, ils sont marqués par le sceau du grand et suprême nirvâna. Si une personne les dérange, (cette personne) blesse les corps de jouissance des bouddhas des trois temps. Cela peut être équivalent à un péché mortel. Nous avons vu clairement que le mérite de quitter la vie de famille est directement à proximité des bouddhas des trois temps.

Le Bouddha dit, « En général, ceux qui ont quitté la vie de famille ne devraient pas faire d’erreur. S’ils commettent une erreur, ce n’est pas d’avoir quitté la vie de famille. Le corps et la bouchede quelqu’un qui a quitté la vie de famille devraientêtre en accord mutuel.S’ils ne sontpas en accord mutuel, cen’est pas quitter la vie de famille. Abandonnant père, mère, frère, épouse et enfant, parents et connaissances, j’ai quitté la vie de famille pour pratiquer la vérité. C’était juste le temps (où je fus capable) d’accumuler des réalisations vertueuses ; il n’y eut jamais de temps pour accumuler des réalisations non-vertueuses. « Vertueuses réalisations » signifie avoir de la compassion pour tous les êtres vivants, comme s’ils étaient des bébés. La réalisation non-vertueuse est différente de cela. »

En général, la nature inhérente de quitter la vie de famille est d’avoir compassion de tous les êtres vivants comme s’ils étaient des bébés. Cet état consiste seulement à ne pas commettre d’erreur et à ce que soient en accord mutuel le corps et la bouche. Quand un tel comportement est déjà présent en quittant la vie de famille, son mérite est décrit comme présentement.

Le Bouddha dit, « De plus, Sâriputra, si les bodhisattvas-mahâsattvas veulent quitter le jour-même la vie de famille pour réaliser anuttara-samyak-sambodhi, et veulent le jour-même, tourner la roue du Dharma, de sorte que d’innombrables asamkyas d’êtres vivants quittent la poussière et laissent la souillure et, au milieu de tous les dharmas, atteignent la pureté de l’œil du Dharma, et de sorte que d’innombrables asamkyas d’êtres vivants atteignent l’état au-delà de la perception des dharmas ; et (si les bodhisattvas-mahâsattvas le veulent) atteignent la libération de l’esprit d’excès, et(désirent) rendre capables d’innombrables asamkyas d’êtres vivants d’atteindre l’état de non-régression ou de non-égarement d’anuttara-samyak-sambodhi, (alors les bodhisattvas-mahâsattvas) devraient étudier la prajnâ-pâramitâ. »

Ces « bodhisattvas qui étudient la prajnâ-pâramitâ » signifient les patriarches. En même temps, (la vérité) d’anuttara-samyak-sambodhi, dans chaque cas, est accomplie le jour même où la vie de famille est quittée. Cependant, quand (les bodhisattvas) pratiquent et expérimentent (la vérité) pendant trois kalpas d’asamkya ou la pratiquent et l’expérimentent pendant d’innombrables kalpas d’asamkya, ils ne la souillent pas avec « limit » ou « illimité ». Les étudiants devraient se rappeler ceci.

Le Bouddha dit, « Si un bodhisattva-mahâsattva pense, « A tel moment, je renoncerai au trône et quitterai la vie de famille, tel jour je réaliserai l’état juste, suprême et équilibré de l’éveil ; ce jour-là aussi je tournerai la merveilleuse roue du Dharma, faisant se séparer d’innombrables êtres sensibles de la poussière et quitter la souillure, et leur faisant obtenir l’œil pur du Dharma ; en même temps je ferai que d’innombrables êtres sensibles en finissent pour toujours avec tous les excès, et que leurs esprit et intuition soient libérés ; encore plus, je ferai que d’innombrables êtres sensibles atteignent tous l’état de non-régression ou non-égarement du juste, suprême et équilibré état d’éveil ; (donc) ce bodhisattva-mahâsattva qui souhaite réaliser ces choses devrait étudier la prajnâ-pâramitâ. » »

Ceci est la gracieuse exposition que fait le Bouddha du mérite de descendre depuis sa naissance dans un palais royal jusqu’à son dernier corps de bodhisattva, et de son renoncement au trône, sa réalisation de la juste vérité et le fait de tourner la roue du Dharma pour sauver les êtres vivants.

« Le Prince Siddhârta prit au flanc de Chandaka une épée dont la poignée de sept trésors était ornée de mani et de diverses décorations. Il saisit l’épée de sa main droite et la tira de son fourreau. De sa main gauche il saisit d’un coup le chignon en forme de conque de sa chevelure, qui était d’un bleu profond, la couleur d’un utpala. Brandissant l’épée affûtée de sa main droite, il coupa (le chignon) ; de sa main gauche il le leva et le jeta en l’air. Sur ce, Sakra-devânâm-indra se réjouit grandement, avec un esprit qu’il avait rarement expérimenté, et retint en l’air le chignon du Prince, ne le laissant pas tomber à terre. Avec une belle robe céleste (Sakra) reçut (le chignon) et le garda. Alors les dieux lui servirent les plus excellentes offrandes célestes. »

Voici comment Sâkyamuni Tathâgata, d’abord prince, escalada les remparts au milieu de la nuit, se rendit dans la journée aux montagnes, et coupa les cheveux de sa tête. A ce moment, les dieux des Cieux de Pure éternité descendirent pour raser sa tête et lui offrir le kasâya. De telles (actions) sont toujours d’auspicieux présages de la manifestation d’un tathâgata dans le monde, et telles sont les méthodes habituelles des bouddhas honorés du monde. Il n’y a pas de bouddhas qui réalisent bouddha en restant dans la vie de famille, pas même un bouddha parmi les bouddhas des trois temps et des dix directions. Parce qu’il y eut des bouddhas dans le passé, le mérite de quitter la vie de famille et de recevoir les préceptes existe. La réalisation de la vérité par les êtres vivants dépend sans aucun doute du fait qu’ils quittent la vie de famille et reçoivent les préceptes. En somme, le mérite de quitter la vie de famille et de recevoir les préceptes est que ce sont justement les méthodes habituelles des bouddhas, et par conséquent leur mérite est incommensurable. Dans l’enseignement sacré, est exposée la réalisation laïque de bouddha, mais ce n’est pas la tradition authentique. Il y a l’explication du corps féminin réalisant bouddha, mais ceci aussi n’est pas la tradition authentique. (La tradition) que les patriarches bouddhistes transmettent authentiquement est de quitter la vie de famille et réaliser bouddha.

(A l’époque) du quatrième patriarche, le Vénérable Upagupta, le fils d’un homme riche, nommé Dhîtika vient se prosterner devant le Vénérable et cherche à quitter sa famille. Le Vénérable dit, « Voulez-vous quitter la vie de famille avec le corps ou avec l’esprit ? » (Dhîtika) répond, « Ce n’est pas pour le salut du corps et de l’esprit que je cherche à quitter la vie de famille. » Le Vénérable dit, « Si ce n’est pas pour le salut du corps et de l’esprit, qui quitte la vie de famille en somme ? » (Dhîtika) réplique, « En général, ceux qui quittent la vie de famille sont sans moi ni mien, l’esprit ne survient ni ne passe. Parce que l’esprit ne survient ni ne passe, l’état est juste l’état ordinaire de vérité. Les Bouddhas, de même, sont ordinaires. Leur esprit est sans forme. Et leur corps est de même. » Le Vénérable dit, « Vous obtiendrez une grande réalisation et votre esprit pénétrera naturellement l’ultime. Il est bon qu’à travers la dévotion au Bouddha, au Dharma, au Sangha, vous héritiez des semences sacrées et les fassiez fleurir. » Alors il laissa (Dhîtika) quitter la vie de famille et recevoir l’ordination. »

Rencontrer maintenant le Dharma des bouddhas et quitter la vie de famille est l’effet et le résultat le plus excellent. Sa méthode n’est ni pour mon salut, ni pour le salut de ce qui est mien, ni pour le salut du corps et esprit ; ce n’est pas corps et esprit qui quittent la vie de famille. La vérité de quitter la vie de famille est au-delà de moi et mien, il en est ainsi. Parce qu’elle est au-delà de moi et mien, elle peut être la méthode des bouddhas. Elle est simplement la méthode habituelle des bouddhas. Parce qu’elle est la méthode habituelle des bouddhas, elle est au-delà de moi et mien et au-delà du corps et esprit. Elle est au-delà de la comparaison avec le triple monde. Parce qu’elle est ainsi, quitter la vie de famille est la méthode suprême. Elle n’est ni subite ni graduelle ; elle n’est ni constance, ni un état sans constance ; elle n’est ni une arrivée ni un départ ; elle n’est ni venue, ni à venir ; elle n’est ni vaste ni restreinte ; elle n’est ni grande ni petite ; elle est au-delà du devenir et au-delà du non-devenir. Les patriarches de la transmission face à face du Bouddha-Dharma, sans exception, quittent la vie de famille et reçoivent les préceptes. La vérité de Dhîtika rencontrant maintenant pour la première fois le Vénérable Upagupta et cherchant à quitter la vie de famille est ainsi. Il quitta la vie de famille et reçut l’ordination, étudia en pratiquant auprès d’Upagupta et en définitive devint le cinquième patriarche.

Le dix-septième patriarche, le Vénérable Samghanandi, est le fils du Roi Ornement-du-Trésor de la ville de Srâvasti. Capable de parler dés la naissance, il loue toujours les sujets bouddhistes. A l’âge de sept ans, il devient opposé aux plaisirs mondains, et, en vers, il s’adresse comme suit à ses parents :

Saluant jusqu’à terre mon père bienveillant,
Avec vénération pour la mère de mes os et de mon sang,
Je désire maintenant quitter la vie de famille.
Plein d’espoir je vous implore, parce que vous êtes emplis de compassion.
Ses père et mère mettent fermement fin à cela. A la fin, quand il cesse de manger toute la journée, ils lui permettent de quitter la maison en restant à la maison. Ils le nomment Samghanandi et commandent au sramana Zenrita d’être son professeur. (Puis) il passe dix-neuf ans sans jamais régresser ou se lasser. (Mais) le Vénéré pense toujours en lui-même, « Mon corps réside au palais royal. Comment peut-on appeler ça quitter la vie de famille ? » Un soir une luminosité céleste s’étend sur la terre et Samghanandi voit un sentier, plat et uni. Inconsciemment il avance lentement. Au bout d’environ dix milles, il arrive devant un grand rocher avec une caverne de pierre, dans laquelle il s’installe immédiatement dans la tranquillité. Le père, auquel son fils manquait, bannit Zenrita du pays afin qu’il cherche son fils, (mais) ils ne savent où il est. Pendant les dix années suivantes, le Vénérable réalise le Dharma et reçoit la certification, après quoi il s’en va, enseignant en voyageant, vers le royaume de Madai. »

L’expression « quitter la maison à la maison » fut entendue pour la première fois à cette époque. Mais, aidé par le bien longuement accumulé, (Samghanandi) trouva la route unie dans la luminosité céleste, finalement quitta le palais royal, et se rendit à la caverne de pierre - vraiment un bon exemple. Ceux qui n’aiment pas les plaisirs mondains et abhorrent la poussière séculière sont des gens sacrés. Ceux qui aiment les cinq désirs et oublient comment devenir libres sont les gens communs et stupides. Bien que les empereurs Daiso et Shukoso s’associèrent fréquemment avec des moines, ils demeuraient avides de la position royale, qu’ils n’abdiquèrent jamais. Le laïc Ro, ayant quitté sa parente, devint un patriarche ; (c’est) le mérite de quitter la vie de famille. Le laïc Ho rejeta les trésors, mais échoua à rejeter la poussière ; (ce) qui peut être qualifié d’extrêmement stupide. La capacité d’éveil de Monsieur Ro, et l’émulation des anciens de Monsieur Ho, ne méritent pas d’être comparés. Ceux qui sont clairs quittent inévitablement la vie de famille. Ceux qui sont bornés finissent (leurs vies) à la maison, ce qui est la cause et la condition d’un noir karma.

Le Maître Zen Nengaku Ejo fit un jour spontanément l’éloge suivant : « En général, quitter la vie de famille est le Dharma sans apparence. En-haut des cieux et dans le monde humain, rien ne le surpasse. »

« Dharma sans apparence » signifie le vrai Dharma du Tathâgata ; par conséquent en haut des cieux et dans le monde humain, il est suprême. Quant au sens du « haut des cieux », il y a six cieux dans le monde du désir, il y a dix-huit cieux dans le monde de la forme, et quatre sortes (d’états ) dans le monde de la non-forme, (mais) aucun n’égale la vérité de quitter la vie de famille.

Le Maître Zen Banzan Hoshaku dit, « Amis zen ! Acquérir l’étude de la vérité est comme la terre élevant une montagne sans reconnaître la pente solitaire de la montagne, ou comme une pierre contenant un joyau sans reconnaître la perfection du joyau. Si (étudier la vérité) est ainsi, alors nous l’appelons quitter la vie de famille. »

Le juste Dharma du Patriarche Bouddhiste n’est pas nécessairement relié à la reconnaissance et la non-reconnaissance. Quitter la vie de famille est le juste Dharma du Patriarche Bouddhiste, et ainsi son mérite est évident.

Le Maître Zen Gigen, du Temple Rinzaï à Chinshu dit, « En général, ceux qui ont quitté la vie de famille devraient être capables d’avoir l’intuition de la vision normale et vraie : avoir l’intuition de (l’état de) bouddha, avoir l’intuition de (l’état de) démons, avoir l’intuition du vrai, avoir l’intuition du faux, avoir l’intuition du commun, et avoir l’intuition du sacré. S’ils sont capables d’avoir ainsi l’intuition, on les nomme ceux qui quittent vraiment la vie de famille. S’ils ne distinguent pas les démons des bouddhas, ils ont seulement quitté un nid et sont entrés dans un autre, et on les nomme êtres ordinaires qui produisent du karma ; ils ne peuvent encore être nommés ceux qui quittent vraiment la vie de famille. »

Cette « vision normale et vraie » signifie la confiance profonde en la cause et les effets, la foi profonde en les Trois Trésors, etc. « Avoir l’intuition de bouddha » signifie être clair dans l’attention spirituelle aux vertus de bouddha (à la fois) dans le processus causal et l’état en résultant. Nous distinguons définitivement entre le vrai et le faux, et le commun et le sacré. Si nous ne sommes pas clairs en ce qui concerne les démons et les bouddhas, nous sacrifions l’étude de la vérité, régressons et dévions en étudiant la vérité. Quand nous pressentons les faits et gestes des démons, si nous ne suivons pas ces faits et gestes, la recherche de la vérité ne régresse pas. Ceci est nommé la méthode de celui qui a vraiment quitté la vie de famille. Ceux qui, au hasard, prennent les agissements des démons pour le Bouddha-Dharma sont nombreux ; c’est une erreur des temps récents. Etudiants, sans tarder, vous devriez connaître (l’état de) démons et devriez clarifier et pratiquer par l’expérience (l’état de) bouddha.

Au temps du parinirvâna du Tathâgata, le Bodhisattva Mahâkâsyapa dit au Bouddha, « Honoré-du-Monde ! Un tathâgata est parfaitement pourvu du pouvoir de connaître les autres. Vous devez sûrement savoir que Sunaksatra voulait couper ses bonnes racines. En quelles causes et circonstances lui avez-vous permis de quitter la vie de famille ? »

Le Bouddha dit, « Bon fils ! Dans le passé, quand j’ai quitté pour la première fois la vie de famille, mon plus jeune frère Nanda, mes cousins Ananda et Devadatta, mon fils Rahula, et d’autres, tous me suivirent en quittant la vie de famille et en pratiquant la vérité. Si je n’avais pas autorisé Sunaksatra à quitter la vie de famille, cet homme, le temps venu, aurait pu hériter la position de roi ; libre d’exercer le pouvoir, il aurait détruit le Bouddha-Dharma. Au vu de ces causes et conséquences, je lui ai immédiatement permis de quitter la vie de famille et de pratiquer la vérité. Bon fils ! Si le bhiksu Sunaksatra n’avait pas quitté la vie de famille et s’il avait coupé ses bonnes racines, pendant des temps innombrables il n’y aurait eu aucun bénéfice. Maintenant, après qu’il ait quitté la vie de famille, bien qu’il ait coupé de bonnes racines, il a été capable de recevoir et garder les préceptes ; de servir et de vénérer les vétérans âgés, les patriarches éminents, et les gens vertueux ; et de pratiquer et étudier du premier dhyâna au quatrième dhyâna. C’est ce qu’on appelle de bonnes causes. De bonnes causes comme celles-ci peuvent donner naissance à de bons moyens. Une fois que les bons moyens sont apparus, nous pouvons pratiquer et étudier la vérité. Une fois que nous avons pratiqué et étudié la vérité, nous serons capables d’atteindre l’état d’anuttara-samyak-sambodhi. Pour cette raison, j’ai permis à Sunaksatra de quitter la vie de famille. Bon fils ! Si je n’avais pas autorisé Sunaksatra à quitter la vie de famille et recevoir les préceptes, je ne pourrais être nommé un tathâgata pourvu de pouvoirs. Bon fils ! Un bouddha réfléchit si les êtres vivants possèdent les bons moyens ou les moyens non-vertueux. Cet homme(Sunaksatra), bien qu’il possède les deux, avant longtemps pourra couper toutes les bonnes racines et posséder seulement les racines non-vertueuses. Pour quelles raisons ? Parce que les êtres ordinaires comme lui ne s’associent pas avec des amis de bien, n’écoutent pas le Dharma juste, ne pensent pas au bien et n’agissent pas en accord avec le Dharma. En raison de ces causes, il peut couper les bonnes racines et posséder seulement des racines non-vertueuses. »

Rappelez-vous, bien que le Tathâgata, l’Honoré-du-Monde, soit clairement conscient que les êtres ordinaires peuvent devenir des coupeurs de bonnes racines, afin de leur conférer des causes de bien, il leur permet de quitter la vie de famille : c’est (une) grande bienveillance et (une) grande compassion. Devenir un coupeur de bonnes racines est le résultat de ne pas s’associer avec des amis de bien, de ne pas écouter le vrai Dharma, de ne pas penser au bien, et de ne pas agir en accord avec le Dharma. Les étudiants aujourd’hui, sans y manquer, devraient s’associer étroitement avec des amis de bien. « Un ami de bien » signifie quelqu’un qui maintient que les bouddhas existent et qui enseigne qu’il existe erreur et bonheur. Quelqu’un qui ne nie pas la cause et l’effet est nommé « un ami de bien » et « un bon conseiller ». Le prêche d’une telle personne est le juste Dharma lui-même. Penser à propos de la vérité est « penser le bien ». Agir de cette manière peut être « agir en accord avec le Dharma ». Par conséquent, sans égard au fait que les êtres ordinaires nous soient ou non familiers, nous devrions seulement les encourager à quitter leur vie de famille et à recevoir les préceptes. Ne tenez pas compte du fait qu’ils régresseront ou non dans le futur et ne vous souciez pas s’ils pratiqueront ou non. Ceci est vraiment le juste Dharma de Sâkyamuni.

Le Bouddha s’adressa aux bhiksus : « Rappelez-vous, le Roi Yama émit une fois cet avis, « Je serai un jour libre de cette souffrance. En obtenant un corps humain, je naîtrai dans le monde humain, je serai alors capable de quitter la vie de famille, de raser barbe et cheveux, de porter les trois robes du Dharma, et d’étudier la vérité comme quelqu’un qui a quitté la vie de famille. » Même le Roi Yama eut cette idée. Bien plus, vous avez tous maintenant obtenu un corps humain et avez pu devenir sramanas. Par conséquent, bhiksus, vous devriez attentivement pratiquer les actions du corps, de la bouche et de l’esprit et ne devriez pas faire advenir d’imperfections. Vous devriez éliminer les cinq entraves et cultiver les cinq racines. Des bihksus tels que vous devraient pratiquer une telle formation. » Alors les bhiksus, entendant le prêche du Bouddha, se réjouirent et pratiquèrent avec dévotion.

Nous avons vu clairement que le désir de vivre dans le monde humain est ainsi, même pour le Roi Yama. Un être humain qui est déjà né devrait sans tarder raser barbe et cheveux, porter les trois robes du dharma, et étudier la vérité du Bouddha. Ce sont les mérites du monde humain qui sont au-delà des autres mondes. Etre né dans le monde humain et cependant néanmoins poursuivre capricieusement un chemin politique ou une carrière mondaine, passant vainement sa vie comme serviteur des rois et des ministres, encerclé par rêves et illusions, et plus tard avancer vers l’obscurité absolue sans rien à quoi faire confiance, est extrêmement stupide. Non seulement nous avons reçu le corps humain très rarement reçu, nous avons (aussi) rencontré le Bouddha-Dharma très rarement rencontré. Nous devrions immédiatement rejeter toutes implications et devrions promptement quitter la vie de famille et étudier la vérité. Rois, ministres, épouses, enfants et parents, inévitablement, sont rencontrés partout, (mais) le Bouddha-Dharma, comme la fleur udumbara, n’est presque jamais rencontré. En conclusion, quand soudain l’impermanence arrive, rois, ministres, amis et parents, serviteurs, épouses et enfants, et les précieux trésors, ne sont d’aucune aide ; chaque personne se dirige simplement seule vers les enfers. Ce qui nous accompagne c’est seulement notre bon ou mauvais karma. Quand nous en sommes à perdre le corps humain, notre regret de perdre le corps humain doit être profond. Tant que nous conservons un corps humain, nous devrions rapidement quitter la vie de famille. C’est seulement cela qui peut être le juste Dharma des trois temps.

Pour ceux qui ont alors quitté la vie de famille il y a quatre sortes de pratiques du Dharma, à savoir, « les quatre confiances :

1) toute la vie s’asseoir en zazen sous les arbres,
2) toute la vie porter la robe de haillons,
3) toute la vie mendier sa nourriture,
4) toute la vie, en cas de maladie, prendre la médecine ancienne.
Quelqu’un qui pratique sincèrement chacune de ces méthodes est appelé quelqu’un qui a quitté la vie de famille, et est vraiment appelé un moine. Si nous ne les pratiquons pas, nous ne sommes pas appelés moines. Pour cette raison, elles sont appelées pratiques du Dharma par ceux qui ont quitté la vie de famille. »

Maintenant, dans les Cieux de l’Ouest et les Terres de l’Est, ce qui est authentiquement transmis par les Patriarches bouddhistes est seulement les pratiques du Dharma de ceux qui ont quitté la vie de famille. L’état de (passer) une vie entière sans quitter la forêt-temple est directement alimenté par ces pratiques du Dharma, les quatre confiances. Ceci est appelé « pratiquer les quatre confiances. » Si (quelqu’un) va à l’encontre de ça et établit cinq confiances, rappelez-vous, c’est le faux Dharma : qui pourrait y croire, et qui pourrait l’affirmer ? Ce qui est authentiquement transmis par les Patriarches bouddhistes est le Dharma juste. Quitter la vie de famille en accord avec ce Dharma (juste) est le bonheur humain le plus élevé et le plus valable. Par conséquent, dans les Cieux de l’Ouest de l’Inde, Nanda, Ananda, Devadatta, Aniruddha, Mahânâma, et Bhadrika, qui étaient les petits-fils du Roi Simhahanu, et étaient de la noble caste ksatriya, quittèrent rapidement la vie de famille. Cela peut être un excellent exemple pour les générations suivantes. Ceux qui aujourd’hui ne sont pas ksatriyas ne devraient pas rechigner avec leurs corps. Pour ceux qui ne sont pas même princes, qu’y aurait-il là à faire à contrecœur ? (Les Sâkyas royaux) venant de la plus noble (position) à Jambudvîpa, arrivèrent à la plus noble (position) dans le Triple Monde : ce fut seulement quitter la vie de famille. Les Rois de nations moins importantes, et les multitudes de Licchavi, thésaurisant en vain ce qui ne mérite pas de l’être, tirant orgueil de ce qui ne justifie pas l’orgueil et demeurant là où ils n’auraient pas dû demeurer, manquèrent à quitter la vie de famille : qui pourrait ne pas les voir comme ineptes, et qui pourrait ne pas les voir comme extrêmement stupides ? Le Vénérable Râhula était le fils du Bodhisattva, et le petit-fils du roi Suddhodana, qui aurait voulu lui transmettre le royaume. Néanmoins l’Honoré-du-Monde, d’une manière significative, lui fit quitter la vie de famille. Sachez que le Dharma de quitter la vie de famille est d’une valeur suprême. En tant que premier disciple dans l’exacte observance, (Râhula) même aujourd’hui, n’a cependant pas pénétré le nirvâna, mais demeure dans le monde comme un champ de bonheur pour les êtres vivants. Parmi les anciens maîtres des Cieux de l’Ouest qui ont transmis le trésor-de-l’œil-du-vrai Dharma du Bouddha, les princes qui quittérent la vie de famille ont été nombreux. A notre époque, le premier patriarche en Chine était le troisième fils du roi de Koshi. N’attachant pas d’importance à ce statut royal, il reçut et garda le vrai Dharma : nous avons pu voir clairement que quitter la vie de famille est la valeur suprême. Avoir un corps qui ne peut prendre rang parmi ces (princes) et étant cependant en mesure de quitter la vie de famille, comment ne pourrions-nous pas nous hâter (de le faire aussi ) ? Quelle sorte de lendemain devrions-nous attendre ? Si nous quittons en hâte la vie de famille, sans attendre (la prochaine expiration ou inspiration), ce pourrait être sage. Nous devrions nous souvenir aussi que la bienveillance du maître auprès duquel nous quittons la vie de famille et recevons les préceptes peut être exactement égale à celle d’un père ou d’une mère.

Zen-en-shingi, fascicule 1, dit « Les bouddhas des trois temps disent tous que quitter la vie de famille est réaliser la vérité ; les vingt-huit patriarches des Cieux de l’Ouest et les six patriarches de la Terre de Tang qui transmirent le sceau de l’esprit de Bouddha étaient tous des sramanas. Peut-être fut-ce par stricte observance du vinaya qu’ils furent capables de devenir des modèles universels pour le triple monde. En conséquence, en pratiquant (za)zen et investiguant la vérité, les préceptes sont le principal. A moins de nous être déjà écartés de l’excès et pris garde à l’erreur, comment pouvons-nous réaliser l’état de bouddha et devenir des patriarches ? »

Même si une forêt-temple est délabrée, elle peut encore être une plantation de gardénia, un endroit au-delà des arbres communs et de l’herbe commune. Ou bien elle est comme du lait dilué d’eau. Quand nous voulons utiliser du lait, nous devons utiliser ce lait dilué d’eau, (mais) nous ne devons pas utiliser d’autre substance. Par conséquent, la tradition authentique, qui est que les bouddhas des trois temps disent tous que quitter la vie de famille est réaliser la vérité, est d’une valeur suprême. Aucun des bouddhas des trois temps ne manque de quitter la vie de famille. Tel est le trésor-de-l’œil-du-vrai Dharma, le bel esprit du nirvâna, et la suprême (vérité de) l’éveil, que les bouddhas et les patriarches transmettent authentiquement.

Shobogenzo Shukke-kudoku

Un jour de retraite d’été la 7° année de Kencho.

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P.-S.

Traduction d’Alice Richemont revue par Yuno Rech.

© Dojo zen de Nice - 2005

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