Pourquoi les préceptes ?

Pourquoi les préceptes ?

Parce qu’on n’est pas tout le temps en zazen.

Les préceptes ne sont pas séparés de zazen, ils en sont l’expression dans la vie quotidienne. Et même si on fait zazen, on ne peut pas couper tout son karma. Bien sûr, en zazen, notre corps, notre esprit, les trois karma, la bouche aussi, peuvent être abandonnés, mais dans la vie quotidienne nos conditionnements passés surgissent, reviennent et peuvent nous entraîner à commettre des erreurs.

C’est la raison pour laquelle Bouddha a transmis les préceptes. Mais ces préceptes, il les a trouvés seulement dans son expérience de zazen. Ils n’ont pas été révélés de manière transcendante, mais ce n’est pas appuyé non plus sur la loi sociale. Les préceptes sont normalement l’expression de zazen et la transmission des préceptes est au centre de l’ordination de bodhisattva qu’on appelle jukai en japonais, c’est-à-dire recevoir les dix préceptes.

Au centre de l’ordination de moine, Tokudo, de nouveau on reçoit les dix préceptes. En fait, ils sont seize, et quand on reçoit le Shiho, on peut dire qu’une partie essentielle de la transmission du Dharma, consiste en la transmission des préceptes. Et à ce moment-là on demande au maître : « S’il vous plaît, transmettez-nous les règles de vie d’un Bouddha« . Il y a un enseignement sur ces règles de vie qui s’appuie sur l’enseignement de Maître Keizan.

Je crois que c’est important de ne pas considérer les préceptes comme une petite dimension mais comprendre à travers zazen et les vivre concrètement dans la vie quotidienne. A ce moment-là, les préceptes peuvent devenir un miroir pour nous-mêmes, même si on ne peut pas les suivre concrètement. Si on ne les suit pas, à la fois on va déranger la pratique de la Voie et on va créer de la souffrance autour de nous. On ne suit pas les préceptes pour se préserver pour devenir des saints ou pour éviter pour nous-mêmes un mauvais karma, comme pour se mettre dans un carcan. Ce n’est pas ça comprendre vraiment les préceptes. Vraiment les suivre, c’est la compassion. Quand on ne les suit pas, on fait souffrir. Alors, à la fin, c’est un voeu naturel. Ce n’est pas s’engager dans un système d’interdits. C’est complètement au positif, les préceptes.

2018-10-28T14:45:02+00:00

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